Pour un survol du contexte socioculturel de cette tendance littéraire des années 1690, au cours desquelles Perrault, ainsi que Marie-Catherine d’Aulnoy, Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon et Henriette Julie de Murat ont signé des volumes de contes de fées, voir Jack Zipes, Beauties…, op. Si Marie-Catherine d’Aulnoy s’intéresse au miroir, c’est pour son statut d’article de luxe à la mode, d’accessoire dans la construction de l’identité individuelle et dans sa fonction de glorification de la beauté superficielle, extérieure et puissante des femmes et des hommes de l’aristocratie mondaine. S’inscrivant dans cette lignée, Capellani mêle au conte de Perrault des éléments empruntés au Peau d’âne d’Émile Vanderburch (ou Vanderburck), Laurencin et Charles Clairville, féerie du music-hall populaire. - Q1: Quel acteur intérprète le père de Peau d'âne ? On peut même dire que, dans le film de Demy, l’apparence et le désir bestiaux de la princesse assignent à celle-ci le rôle de la Bête, tandis que le prince, par son association avec la rose, joue celui de la Belle. Le film officiel de ce mariage fut diffusé dans Les Actualités françaises le 9 mai 1956. Retrouvez l'émission en réécoute gratuite et abonnez-vous au podcast ! Le lien avec ce personnage est renforcé par le col en forme d’éventail et les couleurs des vêtements de la fée des Lilas79. » Dans la version de 1863, la fée conseille ainsi Lilia, au même moment de la féerie : « Ma chère Lilia, retiens bien ceci : quelque chagrin qu’une femme éprouve, elle ne doit jamais négliger sa toilette… On se pare d’abord, et l’on pleure ensuite, et pas trop encore, rien ne ternissant l’éclat des yeux comme les larmes75. cit., p. 139-164) que Perrault critiquait les mondaines et proposait un modèle de vie de famille bourgeoise, par lequel il assignait aux femmes les rôles de mère et d’épouse, mais pas de mondaine soucieuse de sa personnalité. Demy et Varda passaient régulièrement leurs vacances avec leurs enfants sur l’île de Noirmoutier. Son apparente « incongruité » aux yeux de la majeure partie de la société est purement une question de convention socioculturelle. De ce point de vue, la photographie du film devient un point de contact sensuel entre Cocteau et son amant, une manière de construire leur relation queer selon un code visuel animé par la passion du regard de l’amant. En faisant désirer son père par la princesse, on pourrait dire que Demy rend le roi encore moins coupable que dans ces versions antérieures. Dans The Aristocrat as Art (1980), Domna Stanton met en évidence les affinités qui existent entre « l’honnête homme » de la cour de Louis XIV et le dandy plus rebelle de la France postrévolutionnaire qui, comme son prédécesseur des débuts de l’époque moderne, accordait de l’importance à la mise en scène et à la construction de l’identité individuelle. La manière dont Demy revisite dans son film le « Peau d’âne » de Perrault semble dénaturaliser le conte, en rendant évidentes les incongruités latentes dans le récit. L’Amour avec un grand A?Celui qui apparemment nous ferait nous « teindre en blonde » ou « faire le tour du monde » ?Eh bien, ce n’est peut être pas celui que vous croyez… Demy a délibérément recherché ce type d’incohérences historiques afin de susciter une impression d’intemporalité, un passé anhistorique comme cadre du conte. Par conséquent, la remise en cause de ces oppositions constitutives de l’ordre sociosexuel de la France de l’après-guerre sape la logique du genre qui en est le fondement. Il me semble que la création d’une version camp de ce récit met en jeu à la fois une lecture camp du conte et une transfusion de l’esthétique camp dans le conte. En réalité, si la fée des Lilas invoque la loi, c’est uniquement parce qu’elle veut, elle aussi, se marier avec le roi. Je ne suis pas prête ! 12, no 1, 1998, p. 69-88. « Amour amour je t’aime tant ! Contrairement à Perrault, apologue de la vie de famille, Marie-Catherine d’Aulnoy, sa contemporaine, célèbre dans ses œuvres la culture aristocratique des débuts de l’époque moderne71. Playlist . cit., p. 152. Voir, par exemple, Luce Irigaray, « Le marché des femmes », Ce sexe qui n’en est pas un, Paris, Éditions de Minuit, 1977, p. 167-185. […] La sexualité non normative avait été déjà été représentée dans la pièce Orphée (1926), l’inceste allait l’être dans son roman Les Enfants terribles (1929) ; l’inceste, la bisexualité et l’homosexualité dans La Machine infernale. 53C’est comme si la princesse s’était mise en scène afin que le prince en tombe amoureux et qu’elle puisse l’observer, ce qui conduit le spectateur à se demander si elle ne serait pas elle-même dotée de quelques pouvoirs féeriques. Peau d'âne (Bande originale du film) Michel Legrand. Comme l’inceste, elle profane irrévocablement le désir génital [hétérosexuel]19. Bien que ces aéronefs n’aient pas servi à transporter le couple princier, Demy a pu s’inspirer de l’expérience de ce tournage pour concevoir le mariage du roi et de la fée des Lilas dans son film de fiction. Wayne Andersen remarque que « [Sigmund] Freud a réuni un certain nombre de contes populaires dans lesquels argent et matières fécales sont équivalents » (W. V. Andersen, Freud, Leonardo da Vinci, and the Vulture’s Tail : A Refreshing Look at Lenardo’s Sexuality, New York, Other Press, 2001, p. 163). du danois par Patricia MacAndrew et Per Avsum, Copenhague, Glydendal, 1986, p. 73). Quand la fée des Lilas affirme avec tellement de détachement que l’inceste est une question « de culture et de législature », elle dénaturalise fondamentalement la prohibition de l’inceste qui ne représente pas pour ces personnages un tabou profondément ancré, source de honte et de culpabilité. Pour ce faire, il dénaturalise les tabous culturels et déstabilise les oppositions constitutives du système sexe-genre au sein duquel les femmes sont considérées comme les objets passifs du regard masculin et associées à la sphère domestique, et dans lequel la sexualité hétéronormative est la règle. Avec nonchalance, la fée des Lilas lui explique en chantant que les filles ne sauraient épouser leur père : c’est une question « de culture et de législature ». Freud analyse particulièrement cette association dans son essai consacré à « l’homme aux loups » (voir, par exemple, S. Freud, L’Homme aux loups, trad. Ensuite, elle se met à chanter « Amour, amour, je t’aime tant » en se regardant dans le miroir. Quiz Peau d'âne : Un quiz un peu dur sur ce magnifique film. de l’allemand par Olivier Mannoni, Paris, Éditions Payot & Rivages, 2010, p. 154-155). BIENVENU SUR LA PAGE DE L'AMOUR , IMAGES , PHOTOS ET CITATIONS DE L'AMOUR , LE VRAI ! « Peau d’âne », version, Duggan, Anne E. “Chapitre II. 36 Susan Hayward, notamment, souligne que la Belle est « terriblement déçue à la fin du film quand la Bête […] se transforme en prince charmant » (S. Hayward, French National Cinema, New York, Routledge, 1993, 2005, p. 47). 59Que Demy ait doté sa Marie-Antoinette de qualités empruntées à la princesse et à la fée des Lilas révèle son intérêt pour le soi comme œuvre d’art. À certains moments du film, Demy ridiculise et critique implicitement l’association des femmes avec la domesticité, en présentant des héroïnes agents de leurs propres désirs, autre moyen de remettre en question l’image de la ménagère passive tellement colportée dans la France de l’après-guerre. La trilogie orphique comprend Le Sang d’un poète, Orphée et Le Testament d’Orphée. Demy avait été « conseiller technique pour le film officiel du mariage de Grace Kelly et Rainier de Monaco56 », pour lequel – détail important – on employa des hélicoptères. Le choix de Marais par Demy transforme cette relation hétérosexuelle problématique en toute autre chose : une relation queer. 60 Voir M. Thomas Inge, art. Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France répertorie une version de 1808, mais la publicité de l’édition de 1838 affirme qu’elle a été « représentée pour la première fois à Paris en 1838 » (ibid., p. 599), indice selon lequel elle a pu faire l’objet de tournées préalables en province. Contrairement aux bonnes fées des versions classiques des contes de fées qui aident et soutiennent l’héroïne, la fée des Lilas du Peau d’âne de Demy se présente comme la rivale sexuelle de la princesse. Par conséquent, ce qui réunit inceste et homosexualité selon Beaver, c’est leur subversion de la loi biblique (patriarcale, hétéronormative) et des catégories et oppositions qui sont le fondement de cette loi. Demy met constamment en scène le regard narcissique du soi contemplant son reflet et le regard voyeur d’autrui, aucun des deux n’occupant une position stable d’objet ou de sujet dans le film, comme nous allons le voir. 19Certains commentateurs voient dans la bête monstrueuse au cinéma une figure spécifique de l’homosexualité33. 50À la fois auxiliaire et glorification du soi comme spectacle, le miroir est aussi un lieu de conflit. […] La femme est naturelle, c’est à dire [sic] abominable » (ibid.). 45Dans une culture préoccupée par le soi comme œuvre d’art, il n’est pas surprenant que le miroir soit un acolyte important. Sur toutes les questions importantes, l’essentiel c’est le style, non la sincérité76. Cette bouche féminine évoque celle qui est incorporée dans la paume de la main du peintre du Sang d’un poète. GAY-GRAFFITI est un site informatif sur la culture LGBT. En tant que telle, la fée des Lilas est l’incarnation de l’aphorisme d’Oscar Wilde : « Sur toutes les questions sans importance, l’essentiel c’est le style, non la sincérité. En 1969, Look tirait à plus de 7,5 millions d’exemplaires, mais disparut en 1971. Jacques Barchilon, éd. 3 0 obj 21Il y a dans La Belle et la Bête de Cocteau une forme de sous-texte incestueux : la Belle refuse d’épouser Avenant parce qu’elle ne veut pas quitter la compagnie de son père. 77 « She just might be the world’s most beautiful woman. En revêtant ces robes, chacune étant une véritable œuvre d’art, la princesse contemple son image dans un miroir autant qu’elle est contemplée. Ainsi, quand Peau d’âne se termine, la boucle est bouclée. Gersaint est le fournisseur des accessoires de la mise en scène aristocratique. Monsieur Dame est le père de Boubou, le demi-frère de Solange ce que celle-ci ignore et, comme tel, il représente une figure paternelle associée à son personnage. Demy, Jacques (Réalisateur) Le conte de Charles Perrault, revu par Jacques Demy, en version restaurée 2014 ! 37 À propos de la forme que prend la sexualité non normative chez Cocteau, Irène Eynat-Confino écrit : « C’est dans Le Livre blanc, antérieur de [six] ans à La Machine infernale, qu’apparaît explicitement le rapport entre une sexualité non normative et les stigmates de la monstruosité. Enfin, le camp s’intéresse aux désirs qui subvertissent les relations hétérosexuelles conventionnelles, souvent mises en scène sous la forme de couples incongrus : androgynie ou travestissement au sein de couples masculins-féminins, ou relations entre, par exemple, une femme mûre et un homme jeune dans la lignée de Sunset Boulevard (Billy Wilder, 1950). Le père est puni pour son attention excessive et la fille doit porter une peau d’âne pendant un an et un jour afin d’expier sa vanité. C’est l’auteur qui souligne. 49Dans la scène suivante, Peau d’âne s’enfuit dans la forêt et, telle Narcisse, contemple son reflet à la surface d’un étang. Amour, amour, je t’aime tant » (Love, love, I love you so), croons Peau d’âne who offers us below the recipe of the love cake « préparez votre, préparez votre pâte, dans une jatte, dans une jatte plate…» (prepare your, prepare your dough, in a bowl, in a flat bowl…) Désireuse d’épouser son père, la princesse ne comprend pas pourquoi elle devrait y renoncer. Lorsqu’elle s’installe dans la maisonnette sous les traits de Peau d’âne, la princesse se sert de sa baguette magique pour avoir un lit, une chaise, une table, un coffre et, bien sûr, un miroir ; ce faisant, elle recrée l’environnement qui sied à la mise en scène de soi. En revanche, la princesse voit parfaitement le prince dans le miroir qu’elle tient à la main. 55 Sur cette ressemblance, voir ibid., p. 247. Ce qui semble « naturel » dans la version textuelle du conte – une princesse magnifiquement vêtue traversant la forêt – prend à l’écran l’apparence d’une juxtaposition maladroite et improbable de la « nature » (les bois) et de la « culture » (la robe élégante et encombrante). Bien entendu, la princesse de Demy est habillée en princesse, vêtue d’une belle robe de taffetas bleu qui tranche nettement avec la forêt à travers laquelle elle se précipite. Bien que cet auteur emploie le concept d’« esthétique de la frivolité » à propos de l’esthétique des conteuses des années 1690, les femmes belles, à la mode et mondaines que désigne cette notion se retrouvent tout à fait dans la fée des Lilas et la princesse du film de Demy. Dans la lignée de Cocteau, Demy juxtapose l’ancien et le moderne, juxtaposition qui trouve son apogée dans la conclusion du film lorsque la fée des Lilas emmène le roi sur les lieux de la noce en hélicoptère. Bohèmes et bo... Chapitre III. Dans ses propres mémoires (Un monde à l’envers, 2004), Allégret décrit les incidents au cours desquels Montand a abusé d’elle et même tenté de la violer. 41Demy accentue de manière comique les incompatibilités et les tensions qui distinguent les deux fonctions principales des femmes dans la société bourgeoise : la femme comme spectacle ou objet de désir (valeur d’échange) et la femme comme domestique (valeur d’usage)65. Merci, nous transmettrons rapidement votre demande à votre bibliothèque. <>>> Bon Entendeur: Influences. 2Si des contes de Perrault comme « Cendrillon », « La Belle au bois dormant » et « Le Petit Poucet » ont souvent trouvé le chemin du grand écran dès les origines du cinéma français, peu de cinéastes se sont risqués à faire une adaptation cinématographique de cette histoire d’un roi incestueux qui veut épouser sa très jolie fille5. Peau d’âneest un véritable enchantement, porté par la musique et les chansons de Michel Legrand. L’inceste fonctionne, fût-ce de manière problématique, comme une représentation des sexualités queer. Dans plusieurs de ses contes, notamment « La Belle aux cheveux d’or », « L’Oiseau bleu », « Le Prince Lutin », « Le Mouton », « Babiole » et « Le Nain jaune », les personnages s’admirent, ou déplorent leur défigurement magique, dans des miroirs. 27Il est néanmoins possible de comprendre la légèreté avec laquelle Demy aborde l’inceste à la lumière de la « dénaturalisation du normal », pour reprendre l’expression de Richard Dyer. 59, no 2, 2006, p. 40. 13 Jack Babuscio, « Camp and the Gay Sensibility », dans David Bergman (dir. ), Toward an Anthropology of Women, New York, Monthly Review Press, 1975, p. 157-210, pour une analyse du travail féminin et de l’échange de femmes, qui remet en cause l’universalité des modèles proposés par Claude Lévi-Strauss, entre autres. 69 L’auteur a ici recours à la notion de self-fashioning, que l’on doit à Stephen Greenblatt (voir Renaissance self-fashioning, Chicago, Chicago University Press, 1980). C’est en souvenir de lui, de La Belle et la Bête que je voulais si fort Jean Marais28. Bloqué par ce mur invisible, le prince est contraint d’escalader un appentis pour contempler la princesse depuis une certaine fenêtre qui ne lui donne qu’un point de vue limité puisque la jeune femme lui tourne le dos. Ils ne sentiront pas, au moins ?L’Architecte : Bien sûr que non, Majesté.Marie-Antoinette : Parfait. Vêtue de la peau de l’animal, la princesse s’enfuit du palais et se fait engager comme souillon. La construction de l’identité individuelle doit prendre le pas sur toute autre considération. 39 Freud analyse l’homosexualité en fonction de la « fixation à la mère » qui peut faire des « précoces rivaux […] les premiers objets homosexuels », l’un des principaux rivaux étant le père (Sigmund Freud, « De quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la paranoïa et l’homosexualité », trad. Il fallait bien un écrin aussi féerique que le conte « sous hallucinogènes » de Jacques Demy pour célébrer les 50 ans de « Peau d’âne ». La première robe est « couleur du temps », la deuxième « couleur de la lune » et la troisième « couleur du soleil ». À propos de Cocteau en particulier, Irène Eynat-Confino écrit : « Comme le montrent de manière récurrente les œuvres de Cocteau par leur utilisation du monstre comme trope ou être surnaturel concret […], [Cocteau] exprime ainsi l’épreuve qu’il partageait avec toutes les personnes dont la sexualité était non normative et condamnée comme telle par la société34. Découvrez plus de 56 millions de titres, créez et écoutez vos propres playlists et partagez vos titres préférés avec vos amis. De plus, Demy avait vu Blanche-Neige de nombreuses fois. La jeune femme demande le temps de se changer avant d’être présentée à la famille royale. <> Toutefois, pour les besoins de mon analyse, je maintiens ici la distinction entre les deux. Mais il souligne aussi le rapport qu’elle entretient avec son image. Moyen de transport réaliste, l’hélicoptère semble ironiquement plus étrange dans ce film-conte de fées que ne le serait un carrosse volant imaginaire. Leur image est un pouvoir car, alors même qu’elles semblent absorbées par des questions frivoles, elles exercent sur les hommes et leur univers un pouvoir étrange. »Chanson de la fée des Lilas à Peau d’âne1. 1 Voir Jacques Demy, Chansons et textes chantés, Paris, Éditions Léo Scheer, 2004, p. 92. Elles s’inscrivent dans la lignée du dandy à travers ce que Sima Godfrey appelle « la glorification délibérée du style et de l’élégance personnelle84 » par le dandy et, de façon apparentée, à travers la mise en scène de soi (pour soi-même autant que pour autrui). 4L’historique textuel, théâtral et cinématographique de ce conte laisserait penser que lire l’histoire d’un père incestueux était moins dérangeant que la voir représentée sur scène ou à l’écran. Le miroir symbolise la glorification de la superficialité et de l’apparence, ou ce que Christine Jones appelle une « esthétique de la frivolité73 ». 91 Gérard Langlois, « Jacques Demy. Amour, Amour, je t'aime tant Amour, Amour, je t'aime tant LES CONSEILS DE LA FEE DES LILAS (Michel Legrand) La situation mérite attention. Comme le conte de 1694, cette version apocryphe connut de nombreuses éditions, notamment au XIXe siècle, et fut adaptée à plusieurs reprises, en particulier dans l’Alphabet des contes de fées : Peau d’âne, publié en 1866, à la fin duquel la princesse demande pardon à son père incestueux pour s’être enfuie ! 3 Rodney Hill, « Donkey Skin (Peau d’âne) », Film Quarterly, vol. 65 Je m’inspire ici de manière très générale du travail de Luce Irigaray. Lauriane. Cette version apocryphe désigne la bonne fée du conte original de Perrault sous le nom de fée des Lilas et atténue, de manière significative, la culpabilité du père encore plus que ne le fait Perrault, tout d’abord par la requête de la reine qu’à sa mort, le roi prenne une nouvelle épouse et, ensuite, par les conseils que donnent au roi ses ministres d’épouser sa propre fille. Enfin, en rendant hommage à Cocteau, Peau d’âne inscrit de facto Demy dans une lignée de cinéastes queer. 79 Les rapports entre la fée des Lilas et la belle-mère disneyienne peuvent s’expliquer par le fait que Demy construit sa fée à l’image de Jean Harlow, actrice célèbre dans les années 1930, époque où Disney a réalisé Blanche-Neige. peau d'ane et... picotcamille.canalblog.com. endobj C’est particulièrement évident dans la scène où la princesse exécute l’ordre de préparer un gâteau pour le prince transi d’amour. » Comme l’a remarqué Berthomé, Marais porte dans Peau d’âne un manteau noir aux larges épaules évoquant le costume qu’il avait pour jouer la Bête29. Voir aussi Gayle Rubin, « The Traffic in Women : Notes on the “Political Economy” of Sex », dans Rayna R. Reiter (dir. 18 Gwénaëlle Le Gras, « Soft and Hard : Catherine Deneuve in 1970 », Studies in French Cinema, vol. Il est possible de prendre les propos de Demy pour argent comptant et d’accepter que la princesse voulant se marier avec son père soit « innocente ». 37Dans le conte écrit par Perrault et dans la version apocryphe de « Peau d’âne », la princesse prépare le gâteau, « vêtue d’un corps d’argent que vite elle laça/Pour dignement faire l’ouvrage58 ».